L’article en bref
La Mercedes S680 Maybach incarne le luxe automobile absolu avec 700 exemplaires vendus mensuellement.
- Moteur V12 biturbo de 621 ch assemblé à la main, 0-100 km/h en 4,5 secondes
- Empattement de 3 396 mm offrant un espace arrière hors norme pour deux passagers en cocon privé
- Fauteuils présidents dotés de 20 moteurs électriques, réfrigérateur, tablette tactile et système audio Burmester 1 750 watts
- Prix plus accessible que Rolls-Royce (305 000 €) et compétitif face à Bentley (219 000 €), à partir de 250 351 euros
Essayez d’imaginer monter à bord d’un véhicule qui se comporte davantage comme un salon privé que comme une voiture. C’est exactement l’impression que laisse la Mercedes S680 Maybach dès les premières minutes. Avec 700 exemplaires vendus chaque mois dans le monde, cette berline de prestige enchante autant les passionnés d’automobile que les habitués des trajets en grande limousine. Pour quiconque s’interroge sur ce que représente vraiment cette machine, voici un tour complet, sans langue de bois.
Qu’est-ce que la Mercedes S680 Maybach : définition et histoire d’un label d’exception
La Mercedes S680 Maybach n’est pas simplement une Classe S rallongée. C’est l’expression la plus aboutie du savoir-faire de Mercedes-Benz en matière de voiture de prestige. Pour comprendre ce modèle, il faut remonter à 1919, année où Wilhelm Maybach lance sa propre production automobile, après une carrière de motoriste. La Maybach Manufaktur se spécialise alors dans les berlines de vaste luxe, avant que la Seconde Guerre mondiale ne brise l’élan. Mercedes rachète la marque en 1960, la laisse en sommeil, puis présente un concept-car en 1999. Les versions de série arrivent en 2002, uniquement en V12, avec deux longueurs impressionnantes : 5,70 m et 6,16 m. Les ventes restent insuffisantes et la marque s’arrête en 2012.
Dès 2014, Mercedes transforme Maybach en label de standing appliqué à la Classe S. Cette fois, le succès est au rendez-vous. La S680 Maybach incarne aujourd’hui ce positionnement : elle reprend intégralement la base de la berline Mercedes Classe S, référence absolue en matière de prestige et de performances, à laquelle elle ajoute une dose massive d’exclusivité. Résultat : la voiture mesure 5 484 mm de long, soit 18 cm de plus qu’une Classe S Limousine standard. Un écart qui se ressent immédiatement à bord.
Chez Mercedes-Benz, la logique est claire : l’AMG incarne le sport, le label Maybach incarne le luxe. Sur ce segment, la S680 se retrouve face à des adversaires redoutables. La Rolls-Royce (5,54 m) démarre à 305 000 euros minimum, la Bentley Flying Spur (5,31 m) à 219 000 euros en V8. La S680, elle, débute à 250 351 euros, ce qui la positionne intelligemment entre ces deux univers.
Un empattement généreux pour une habitabilité hors norme
L’empattement de 3 396 mm explique à lui seul l’espace disponible à bord. L’espace pour la tête arrière atteint 970 mm, celui pour les épaules 1 558 mm. Les passagers arrière disposent d’un vrai cocon, très loin de l’habitacle ordinaire d’une berline classique. Pour les amateurs de trajets longue distance comme passager, c’est une révélation.
Un positionnement face à la concurrence de prestige
La Bentley Flying Spur affiche 631 ch, un 0 à 100 km/h en 3,8 secondes et une vitesse maximale de 333 km/h. La Rolls-Royce, elle, développe 571 ch pour 850 Nm de couple et abat le 0 à 100 en 4,8 secondes. La S680 Maybach choisit une autre voie : moins radicale sur les performances pures, nettement plus abordable à l’achat, et profondément confortable. Un choix assumé.
Le label Maybach aujourd’hui
Mercedes-Benz applique désormais ce label à plusieurs modèles, dont deux SUV. La Classe G a même eu droit à cette distinction. La berline EQS, en revanche, ne bénéficie pas encore de ce traitement. La S680 reste le fleuron de la gamme.
Caractéristiques techniques de la S680 Maybach : moteur, châssis et technologie
Sous le capot de la S680 se cache un V12 biturbo de 6,0 litres assemblé à la main, développant 621 chevaux entre 5 250 et 5 500 tr/min, avec un couple de 664 lb-pi disponible dès 2 000 tr/min. Deux turbocompresseurs fonctionnent jusqu’à une pression de suralimentation de 22 psi. Le taux de compression atteint 10,5 :1. Le réservoir contient 76 litres d’essence super sans plomb.
Le 0 à 100 km/h s’effectue en 4,5 secondes, pour une vitesse maximale bridée à 250 km/h. La consommation relevée lors d’un essai de 600 km s’établit à 11,7 L/100 km, ce qui reste cohérent pour un tel moteur. En ville, l’homologation annonce 24 L/100 km. Les émissions de CO2 atteignent 307 g/km, ce qui implique un malus écologique de 60 000 euros en France.
La transmission est assurée par une boîte automatique 9G-TRONIC à 9 rapports, couplée à la traction intégrale 4MATIC avec une répartition 31% à l’avant et 69% à l’arrière. La suspension AIRMATIC adaptative multibras équipe les quatre roues. Une suspension E-Active Body Control, dotée d’une caméra scannant la route, est disponible en formule pour 7 100 euros. Les roues arrière directrices, optionnelles, peuvent atteindre 10 degrés de braquage, ramenant le diamètre de braquage à 12,4 m entre murs.
| Modèle | Puissance | 0-100 km/h | Prix de base |
|---|---|---|---|
| S680 Maybach (V12) | 621 ch | 4,5 s | 250 351 € |
| S580 Maybach (V8) | 526 ch | 4,8 s | 204 350 € |
| Hybride rechargeable | 510 ch | 5,1 s | 208 900 € |
Le mode Maybach : confort poussé à l’extrême
Un bouton dédié active le mode Maybach, qui repousse les curseurs du confort encore plus loin. Le démarrage s’effectue en seconde vitesse pour éviter toute secousse. Les suspensions s’assouplissent davantage, les aides à la conduite deviennent plus discrètes, le son du clignotant lui-même se fait plus feutré. C’est un détail, mais il résume parfaitement la philosophie du véhicule.
Jantes, pneus et freinage
Les jantes Maybach forgées multibras se déclinent de 19 à 21 pouces. La configuration testée monte des jantes 20 pouces (9,0 x 20 à l’avant, 10,0 x 20 à l’arrière), chaussées en 255/40R20 à l’avant et 285/35R20 à l’arrière, des pneus toutes saisons à flancs renforcés. Même en 21 pouces, le confort reste magistral.
Le luxe à bord de la S680 Maybach : intérieur, équipements et confort des passagers
Monter à l’arrière de cette limousine Classe S au luxe et confort incomparables, c’est entrer dans un univers à part. Le cuir recouvre absolument tout, y compris le plafond. 253 LED éclairent l’habitacle avec une ambiance modulable en intensité et en température de couleur. Les fauteuils présidents arrière comportent chacun plus de 20 moteurs électriques pour les réglages et les fonctions massage. L’inclinaison du dossier atteint 43,5 degrés, avec des repose-mollets et repose-pieds électriques.
La console centrale arrière, entièrement habillée de bois, intègre un réfrigérateur de 10 litres maintenant les bouteilles entre 1 et 7 degrés, ainsi que deux coupes de champagne en argent. Quatre prises USB-C et deux prises 12V complètent l’équipement. Les écrans multimédia de 11,6 pouces au dos des sièges avant se commandent depuis une tablette tactile intégrée. Le système audio Burmester déploie 31 haut-parleurs pour une puissance de 1 750 watts, en diffusion Dolby Atmos.
Les sièges First Class optionnels (5 100 euros, ou 32 650 euros pour le package complet) séparent les deux places arrière par une console en bois intégral. Les appui-têtes en Alcantara, chauffants, arborent le logo Maybach. Les portes arrière, immenses et verticales, s’ouvrent électriquement. Une commande vocale permet même de fermer les stores sans bouger le petit doigt. L’éclairage se pilote avec précision pour la lecture : un détail qui compte sur un long trajet Paris-Monaco.
Multimédia et aides à la conduite
L’écran central MBUX affiche 12,8 pouces en technologie OLED. Le compteur numérique de 12,3 pouces peut afficher des graphismes spécifiques Maybach. Les phares LED embarquent 1,3 million de micro-miroirs. La S680 propose la conduite autonome de niveau 3 dans certains pays, via MB.DRIVE ASSIST en option.
Design extérieur : un chrome assumé
Le design extérieur ne laisse aucun doute sur l’identité du véhicule. La calandre à petites barrettes, le marquage Maybach, les logos double M sur les montants arrière, les petits insignes V12 sur les ailes avant… Tout est pensé pour être reconnaissable. La peinture bi-ton, dessinée à la main, exige une semaine de travail : comptez 18 600 euros pour cette possibilité.
Choisir la Mercedes S680 Maybach plutôt qu’une autre grande berline de prestige
La question mérite d’être posée immédiatement. Pour ceux qui cherchent le véhicule le plus luxueux du monde, la S680 Maybach figure inévitablement dans la liste. Mais ce qui la distingue concrètement, c’est son équilibre entre discrétion et opulence. Là où Rolls-Royce et Bentley affichent leur statut ostensiblement, la Maybach reste plus sobre, presque politiquement correcte.
Voici les principaux avantages qui font pencher la balance :
- Un réseau de concessions Mercedes-Benz bien plus dense que celui des marques ultra-exclusives
- Un prix d’accès inférieur à la Rolls-Royce (305 000 euros minimum) et comparable à la Bentley W12 (310 000 euros)
- Une technologie embarquée parmi les plus avancées du segment, notamment les aides à la conduite
- Un confort arrière réellement adapté aux longs trajets, avec des réglages d’une finesse unique
La configuration testée, à 301 600 euros hors malus, représente une somme considérable. Mais rapporté au niveau d’équipement, à la rareté du V12 et à la qualité de finition, cela reste cohérent face aux alternatives. Le malus écologique de 60 000 euros pèse lourd, certes. L’hybride rechargeable (208 900 euros, 510 ch, 100 km d’autonomie électrique) constitue alors une alternative sérieuse pour éviter cette pénalité.
Ce qui nous frappe, après des années à accompagner des clients dans des véhicules haut de gamme, c’est que la S680 Maybach réussit quelque chose de rare : elle réconcilie le conducteur et le passager. Le premier dispose d’une berline dynamique, réactive, agréable à piloter. Le second voyage dans des conditions dignes d’un salon privé. C’est précisément cette double réussite qui fait de ce modèle une référence à part entière.


